
Vera vient de mourir. Elle avait fui sa famille quand elle était jeune, et deux nièces sont chargées de vider le dressing de cette tante qu’elles n’ont pas connue. De vêtement en vêtement, chaque pièce de la garde-robe de Vera raconte un épisode de sa vie. Chanteuse de variétés dans les années 1970 ayant connu un grand succès puis l’oubli, elle épouse un riche industriel dont les nièces vont découvrir le secret, un secret que Vera a protégé jusqu’à la mort de son mari. Elle-même transporte la blessure de son enfance sans rien pardonner à son milieu d’origine. L’armure des vêtements se fend parfois : quand un réalisateur l’approche pour les besoins d’un film sur les corons de son village natal, les images reviennent, les sens vibrent, et la peau se fait plus tendre.
Avis
Vera Di Pasquale a grandi à une époque où les filles n’avaient aucune valeur, malmenée par les garçons et par son père. Issue d’un milieu médiocre dont elle veut s’extirper, la jeune fille poursuit son rêve, se distingue déjà par son style vestimentaire et se bat pour acquérir son indépendance et le savoir-vivre de la haute société. D’ailleurs, la condition de la femme deviendra son cheval de bataille.
Lorsqu’elle meurt à 66 ans, elle laisse derrière elle une carrière de chanteuse de variété adulée, une vie bien remplie et une gigantesque garde-robe, symbole de raffinement et d’élégance.
L’auteur détaille quelques pièces emblématiques de la garde-robe de Vera et, par ce biais, en profite pour nous raconter une partie de son histoire en lien direct avec le vêtement. J’ai trouvé que la démarche d’établir la biographie d’une personnalité en passant en revue ses vêtements était originale.
Très rapidement, j’ai visualisé le dressing de Carrie Bradshaw (série Sex and the City) et imaginé les anecdotes croustillantes liées à ces vêtements fabuleux. Après coup, connaissant un peu mieux l’auteur, je réalise mon erreur. Car, si le roman nous raconte les dessous des soirées huppées auprès des grands noms de l’époque, c’est surtout l’enfance de Vera dans un coron minier qui est longuement évoquée. Et bien que cette période soit loin derrière elle, elle continue de la hanter et de la faire souffrir.
Dans ce roman, Sébastien Ministru évoque le lien entre le style vestimentaire et l’appartenance à une classe sociale donnée. Ou comment le passage d’une classe à l’autre passe par le vêtement et les bonnes manières.
Mais, malheureusement, mon intérêt s’est peu à peu émoussé au fil de ma lecture, me laissant un peu déçue.
La garde-robe – Sébastien Ministru – Editions Grasset – 2021
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