En attendant Bojangles – Olivier Bourdeaut

Note : 4 sur 5.

Sous le regard émerveillé de leur fils, ils dansent sur «Mr. Bojangles» de Nina Simone. Leur amour est magique, vertigineux, une fête perpétuelle. Chez eux, il n’y a de place que pour le plaisir, la fantaisie et les amis.
Celle qui donne le ton, qui mène le bal, c’est la mère, feu follet imprévisible et extravagant. C’est elle qui a adopté le quatrième membre de la famille, Mlle Superfétatoire, un grand oiseau exotique qui déambule dans l’appartement. C’est elle qui n’a de cesse de les entraîner dans un tourbillon de poésie et de chimères.
Un jour, pourtant, elle va trop loin. Et père et fils feront tout pour éviter l’inéluctable, pour que la fête continue, coûte que coûte.
L’amour fou n’a jamais si bien porté son nom.

Avis

Dans ce premier roman récompensé de plusieurs prix, Olivier Bourdeaut se place à hauteur d’enfant pour observer le monde fantasque et débridé de ses parents.

En attendant Bojangles nous plonge dans l’intimité d’une famille où la joie de vivre côtoie une folie douce. Il règne dans l’appartement familial une ambiance constamment joyeuse et festive, alimentée par le comportement exubérant de la mère, qui vit le moment présent avec une intensité et une insouciance presque enfantines. Avec, en fond sonore, Mister Bojangles de Nina Simone.

Le père s’amuse des excentricités de sa femme, qu’il alimente d’ailleurs. Mais, petit à petit, le comportement de la mère change, passant du rire hystérique aux larmes sans raison apparente. Et on perçoit alors le désarroi du père et de son fils, incapables d’anticiper les changements d’attitudes, ni de calmer cette folie, eux qui n’avaient pas vu venir la dégradation de son état mental. Face à un diagnostic de bipolarité et de schizophrénie, la mère va être hospitalisée en psychiatrie, à l’étage « des déménagés du ciboulot ». Ce roman explore avec beaucoup d’humanité la fragilité de l’esprit humain et les difficultés pour l’entourage de reconnaître et de réagir à la détérioration mentale d’un être cher.

Mais c’est aussi l’histoire d’un amour fou entre un homme et une femme, un amour si intense qu’il devient presque impossible à expliquer. Leur besoin constant d’être ensemble, leur incapacité à supporter la séparation, et leur amour pour leur enfant, qui grandit dans un monde aux allures de roman d’aventures.

En attendant Bojangles n’est cependant pas parfait. Il y a notamment certaines incohérences entre le rythme de vie dispendieux du couple alors qu’il ne travaille pas, l’enfant qui est totalement déscolarisé, etc.

Un roman beau et triste à la fois. Dans lequel la folie douce de la mère, si attendrissante au début, dévoile peu à peu une véritable maladie mentale, rendant ce récit particulièrement poignant.

Ce roman a été adapté pour le cinéma par Régis Roinsard, en 2021, avec Virginie Effira et Romain Duris dans les rôles principaux.


En attendant Bojangles – Olivier Bourdeaut – Editions Finitude – 2015

2 commentaires sur “En attendant Bojangles – Olivier Bourdeaut

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  1. Je l’ai lu il y a quelques années parce qu’on en parlait beaucoup à l’époque.

    J’ai failli l’abandonner tant j’ai eu du mal à entrer dedans. Et, finalement, j’ai bien aimé ce bouquin.

    Aimé par 1 personne

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