
Dans la petite ville finlandaise de Pori, une boîte de nuit populaire auprès de la communauté LGBTQI est touchée par une explosion. Cinq jeunes gens sont tués et on dénombre de nombreux blessés.
Le lendemain, un individu masqué, qui se présente comme un « messager », poste une vidéo en ligne dans laquelle il revendique les événements : pour lui, l’homosexualité est une maladie qu’il a l’intention d’éradiquer de la terre.
Les policiers Jari Paloviita et Henrik Oksman de la brigade criminelle de Pori, sont chargés de l’enquête. Mais il ne s’agit pas d’une affaire comme une autre pour Oksman. Lui aussi était présent dans le club ce soir-là. Quelques instants avant l’explosion, il a quitté les lieux en compagnie d’un autre homme. À mesure que la police retrace les événements et leurs origines, Oksman se retrouve déchiré entre son secret, qu’il a toujours su préserver de ses coéquipiers, et ses propres devoirs.
Avis
Décidément, le Prix du Meilleur Polar Points 2025 m’a réservé pas mal de surprises en m’obligeant à sortir de ma zone de confort. Cette fois, ce sont les minorités sexuelles et de genre qui sont au coeur de ce roman.
Tout commence par un attentat à la grenade dans une boite de nuit, visant explicitement la communauté homosexuelle. L’unité d’investigation judiciaire est sur le coup avec, notamment l’inspecteur principal Henrik Oksman et ses adjoints Jari et Linda. On suit donc l’enquête qui part dans tous le sens, mais aussi « l’Envoyé » dans sa croisade contre tous ceux qui se sont détournés de Dieu.
Alors que l’on voit partout le slogan « la Finlande est le pays dans lequel on est le plus heureux au monde », La revanche nous donne une image bien moins reluisante du pays. J’ai découvert une Finlande particulièrement pieuse, dans laquelle la religion catholique a encore de nombreux adeptes, qui fait face à une montée de l’extrême droite, notamment de l’extrémisme religieux, et gangrénée par des groupuscules qui prêtent allégeance aux idées nazies et équipés d’armes de guerre. Ca ne donne pas vraiment envie.
L’enquête est originale dans le sens où un des policiers est juge et partie: il était présent au Venus quelques minutes avant l’explosion et craint que sa double vie ne soit découverte par ses collègues et sa famille.
Le personnage d’Henrik est au cœur de ce roman. On découvre un homme qui contrôle les moindres aspects de sa vie et suit scrupuleusement ses routines. Si certains aspects de sa personnalité sont compréhensibles et liés à des traumatismes, d’autres éléments n’apportent strictement rien au récit et nous perdent dans des détails insignifiants.
L’idée de base de ce roman est bonne mais j’ai trouvé que la narration était plate, avec quelques sursauts lors de la découverte de corps mutilés, mais dans l’ensemble, c’était trop lent pour en faire un véritable thriller. Cette histoire s’étire en longueur, en mettant l’accent sur les palabres plutôt que sur l’action. A l’inverse, les dernières pages sont haletantes, rapides et dignes des grands films d’action. Dommage que l’on tourne autant autour du pot pour finir par mettre au jour le meurtrier à la faveur d’un souvenir, en quelques minutes.
Le duo Jari et Henrik fonctionne bien. On sent que les coéquipiers se connaissent (presque) par cœur et sont liés par une confiance absolue l’un envers l’autre. Même si je n’ai pas adoré La revanche, j’ai bien envie de retrouver le duo dans d’autres aventures.
La revanche – Arttu Tuominen – Editions de La Martinière – 2023
Du même auteur
Série Delta noir
- Le serment
- La revanche
- Tous les silences
- La honte
Pour le meilleur polar, tu ne mets que 3,5 étoiles. Je ne vais donc pas m’y attarder…
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