La théorie du mal – Margot Estner

Note : 3.5 sur 5.

Retrouvée agonisante, le corps mutilé de morsures humaines, Victoire se réveille à l’hôpital, sans aucun souvenir. Alors que commence pour elle une longue et douloureuse quête, à la recherche de son identité perdue, deux policiers sont chargés de faire la lumière sur cette affaire, qui n’est pas sans leur rappeler « Dracula ». Ce tueur en série, dont ils suivent la piste depuis plusieurs mois, laisse derrière lui des corps de femmes dont les blessures ressemblent étrangement à celles de Victoire.

Avis

La scène d’ouverture de ce roman suinte l’hémoglobine et nous donne un aperçu assez précis de ce qui nous attend. Entre tortures physiques et psychiques, il faut avoir le cœur bien accroché pour lire La théorie du mal.

Tout commence par la découverte, dans une forêt, de Victoire. La jeune femme s’est fait tirer dessus et mordre par un malade qui l’attendait en embuscade. Plongée dans le coma puis amnésique, elle va se battre pour retrouver son identité et sa vie. Mais son cas inquiète la brigade criminelle, qui lie l’agression de Victoire à un tueur en série qui a déjà fait quatre victimes, retrouvées découpées et enterrées sommairement dans les bois. Lui aussi mord ses victimes pour aspirer leur sang, c’est pourquoi la police l’a logiquement surnommé Dracula.

Dans ce roman, on suit à la fois les enquêteurs qui sont sur la sellette depuis leur échec à avoir trouvé l’assassin des quatre filles, mais aussi Victoire dans ses tentatives de se souvenir de son passé et Fidel qui a déjà une autre victime au frais, Justine.

Les faits évoqués sont abjects et les scènes de torture sur Justine difficiles à lire. Pourtant, quand on découvre que certains personnages ont subis des tortures psychiques pendant leur enfance, on en arrive presque à les plaindre. De tels traumatismes ne pouvaient en effet avoir d’autre conclusion qu’en faire des armes de destruction dénués de toute empathie. C’est glaçant.

La théorie du mal est un premier roman très réussi et bien ficelé qui nous plonge dans la complexité et la vulnérabilité de l’esprit humain. Un polar psychologique qui flirte avec le roman d’horreur et qui nous immerge dans l’esprit torturé et malade des protagonistes.

Pas de doute, Margot Estner est une auteure à tenir à l’œil et qui promet, si elle continue sur cette lancée, de très grands romans.


La théorie du mal – Margot Estner – Editions Prisma – 2025

3 commentaires sur “La théorie du mal – Margot Estner

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