L’illusion du mal – Piergiorgio Pulixi

Note : 3 sur 5.

À travers toute l’Italie, les téléphones portables vibrent à l’unisson. En l’espace de quelques minutes, des milliers de personnes reçoivent une vidéo intitulée « La loi, c’est toi ». À l’écran, un criminel ligoté et un homme masqué qui prend la parole. Son objectif : faire voter en ligne le public sur le sort de son prisonnier, qu’un système judiciaire inefficace et corrompu a laissé impuni. La vindicte populaire est en marche. Mara Rais et Eva Croce, deux femmes aussi différentes qu’imprévisibles, sont chargées de l’enquête, épaulées par le criminologue Vito Strega. Confronté à un ennemi insaisissable à la popularité grandissante, le trio se lance dans une course contre la montre.

Avis

Piergiorgio Pulixi est un auteur dont je n’avais jamais entendu parler avant que Michel Dufranne, chroniqueur littéraire à la RTBF, n’en fasse l’éloge dans l’émission Sous couverture.

Me voilà donc partie pour Cagliari, en Sardaigne, à la recherche du Dentiste, aux côtés d’Eva Croce, de sa partenaire Mara Rois et du criminologue Vito Strega.

L’illusion du mal met en évidence les failles du système judiciaire italien, caractérisé par les injustices, la corruption, les inégalités de traitement entre ceux qui détiennent le pouvoir et le « petit peuple », l’arriéré judiciaire et la disproportion entre les faits commis et les peines prononcées. Mais cette critique, si elle est ici dirigée contre la justice italienne, pourrait parfaitement s’adapter à d’autres pays.

Ce roman est aussi une critique vis-à-vis de certains médias. Totalement en phase avec le monde d’aujourd’hui, le Dentiste utilise la force des réseaux sociaux pour manipuler les masses, qui votent sans scrupule, choisissant de condamner ou de soustraire à la mort une personne dont elles ne savent rien. Parce qu’il est tellement facile d’appuyer sur un bouton sans se demander quelle sera la portée réelle de notre acte. L’auteur italien dénonce aussi les dérives d’une certaine télé-poubelle. Bien pire que la télé-réalité, la télé-poubelle regroupe ces émissions et « journalistes » qui prennent plaisir à remuer la boue, entretenir un climat de peur, inciter à la haine et qui se complaisent dans le sordide, n’hésitant pas à rajouter de l’horreur.

L’illusion du mal est un roman assez trash, avec scènes de torture et sang à profusion. Si je déplore quelques longueurs, c’est une lecture que j’ai appréciée. Les scènes d’action se succèdent ainsi que les retournements de situation qui prolongent le récit.

Je trouve que l’auteur arrive à rendre toute la complexité de la personnalité humaine, ni tout à fait noire ni tout à fait blanche. C’est par exemple le cas du Dentiste, effrayant de barbarie, mais qui peut être touchant quand on apprend à connaître son histoire personnelle. J’ai adoré le duo d’enquêtrices qui se chamaillent sans cesse, opposées dans leur physique et leurs caractères mais pourtant complémentaires dans leur travail.

Je ne serais pas contre le fait de retrouver ces deux-là dans d’autres aventures.

Petit plus qui ravira les lecteurs italiens: le roman regorge d’expressions italiennes typiques qui nous propulsent illico en l’Italie!


L’illusion du mal – Piergiorgio Pulixi – Editions Gallmeister – 2022

Du même auteur

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