La faiseuse d’étoiles – Mélissa Da Costa

Note : 4 sur 5.

« Tu m’as appris une leçon essentielle aujourd’hui. Je croyais bien faire mais c’est toi qui as raison. On cherche toujours le bonheur loin de chez soi. On croit qu’il se trouve dans l’exotisme, de paysages différents, de senteurs nouvelles, de bâtiments imposants. Ce n’est pas toujours vrai, n’est-ce pas ? Parfois le bonheur, c’est juste être assis sur une butte tous les trois. »

Avis

Je n’avais plus lu Mélissa Da Costa depuis un moment et la sortie de cette édition Collector de La faiseuse d’étoiles était l’occasion rêvée pour rependre le fil de ses romans.

Tout commence lorsque Arthur a 5 ans et que sa mère lui annonce qu’elle part en mission spéciale dans l’espace. En réalité, Clarisse est gravement malade et créer une histoire magique est la solution qu’elle a trouvée pour préparer son petit garçon à sa mort prochaine.

Devenu adulte et à quelques heures de devenir père lui-même, il se remémore le dernier été passé avec sa mère: la magie du monde imaginaire qu’elle avait inventé, son émerveillement d’enfant, les escapades en bord de lac et les beaux souvenirs accumulés. Mais aussi sa colère d’enfant lorsqu’il a compris que les adultes lui avaient délibérément caché sa maladie et sa mort.

Dans ses romans, Mélissa Da Costa met le lecteur à la place des protagonistes et lui fait vivre les émotions de l’intérieur. La faiseuse d’étoiles ne fait pas exception. On ressent à la fois l’excitation d’Arthur qui imagine cette grande aventure dans l’espace, sa curiosité insatiable et ses innombrables questions mais aussi le désarroi des adultes qui tentent de faire bonne figure devant un tel enthousiasme et un peu dépassés par la situation.

J’ai apprécié la place laissée au père, Victor, qui vit les derniers instants de son épouse avec courage mais qui est désemparé lorsqu’il se retrouve seul face au petit garçon perdu puis à l’adolescent agressif et désorienté.

Je trouve par contre que l’auteure, à travers le personnage de Clarisse, va un peu trop loin dans la création d’un monde imaginaire et idéalisé. Certes, embellir la réalité fait rêver l’enfant sur le moment et facilite la vie de l’adulte qui ne doit pas répondre à des questions compliquées. Mais une fois l’absence bien réelle, ce monde imaginaire n’a qu’un pouvoir limité, ne sèche pas les larmes et ne comble pas le manque. Par contre, c’est à l’adulte encore présent que revient la lourde tâche de gérer les conséquences d’un tel mensonge, la perte de confiance et l’éloignement de l’enfant, qui se retrouve seul face à son deuil.

La faiseuse d’étoiles est un roman émouvant, tout en tendresse et en douceur, beau et triste à la fois. Et qui nous rappelle de profiter de notre entourage et des instants passés ensemble, parce qu’il s’agit de moments précieux qui formeront de jolis souvenirs dans les périodes difficiles.

« Tu es notre trésor, à Papa et moi. A la fin de notre vie, quand on nous demandera si on a été riches, on pourra dire que oui, infiniment »

Remerciement à Gilles Paris et aux Editions Albin Michel pour cette belle lecture.


La faiseuse d’étoiles – Mélissa Da Costa – Editions Albin Michel – 2024

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