Albertine a disparu – Vincent Guerrier & François Vignolle

Note : 4 sur 5.

À la campagne, tout le monde se connait et s’entraide… n’est-ce pas ? Dans son bureau où il sue à grosses gouttes, Gilles Poulain est suspendu à son téléphone. Maire du petit village de Courteville, il s’enquiert de la santé des plus fragiles durant la canicule. Sans parler qu’à la chaleur suffocante s’ajoute le Covid. Un nom lui revient en mémoire, celui de la doyenne du village Albertine Buisson, 99 ans. Comment se porte la vieille dame ? Cela fait longtemps qu’il ne l’a pas vue et, de toute évidence, il n’est pas le seul… Heureusement que son fils Christian lui apporte à manger tous les samedis. Mais alors, pourquoi le portail de la maison reste-t-il toujours fermé ? Albertine ne peut pas s’être volatilisée. Ce qui commence comme une simple enquête de voisinage prend une tournure inattendue. Entre mystère, investigation et culpabilité, le réveil sera brutal pour les habitants du village.

Avis

Le moins que je puisse dire est que je ne m’attendais pas du tout à cette histoire!

Quand j’ai vu ce livre dans les rayons de ma bibliothèque communale, j’ai été attirée par les dessins et par le titre. Je n’ai pas lu le résumé. J’ai imaginé les aventures humoristiques d’une vieille dame qui a fait une fugue. Allez savoir pourquoi… Imaginez le choc quand j’ai compris qu’il n’en était rien et, surtout, dans quelle direction nous menaient les auteurs.

Parce que dans cette petite bourgade où tout le monde se connait, on imagine que les liens entre les villageois sont forts, que les traditions sont plus ancrées. En réalité, de telles histoires de personnes âgées oubliées et abandonnées apparaissent tant dans les villes qu’à la campagne.

Inspirée de faits réels, Albertine a disparu est une histoire triste et sombre à la fois, qui interroge notre rapport à la vieillesse et à la mort, dans une société individualiste où le sort des anciens n’est plus une priorité.

J’ai beaucoup aimé les dessins de Vincenzo Bizzarri. Réalistes et sobres, ils dégagent aussi une certaine douceur. Des caractéristiques qui s’accordent parfaitement à l’histoire.

Un très beau roman graphique, qui nous poursuit bien après la lecture et qui interroge notre propre comportement.


Albertine a disparu – Vincent Guerrier, François Vignolle et Vincenzo Bizzarri – Editions Glénat – 2025

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