
Ma voisine ? Une mère idéale. Une épouse irréprochable. La perfection incarnée.
Enfin… C’est ce que je croyais. Cinq enfants modèles, du pain fait maison qui cuit au four tous les matins, un vrai mariage d’amour avec son petit ami du lycée : ma voisine est la parfaite femme au foyer.
Alors pourquoi est-elle si froide avec moi ? Pourquoi ses enfants ne vont-ils pas à l’école ? Pourquoi la famille ne se rend-elle jamais en ville ?
Ma voisine cache quelque chose.
Moi aussi.
Avis
Les histoires de voisinage sont une source intarissable d’inspiration pour les écrivains! Ce premier roman de LynDee Walker est dans cette veine.
Dans ce roman, les personnages sont nombreux et, au départ, j’ai même dessiné un arbre généalogique de la famille Godfrey pour bien comprendre quelle était la place de chacun des six enfants. Dans cette ferme éloignée de tout, c’est la mère SarahBeth qui dirige son monde à la baguette, dans un mode de vie à l’ancienne, où la répartition des rôles entre hommes et femmes est strictement respectée. Les filles, uniquement vêtues de jupes et manches longues, s’acquittent des taches ménagères et des repas, apprennent à tenir une maison et à fabriquer leur pain puisque leur unique objectif est de trouver un mari, d’être une bonne épouse et une bonne mère. Le seul fils du clan, Alexander, n’aura d’autre choix que de reprendre la ferme familiale à l’âge adulte et d’assurer la sécurité de la famille qu’il construira.
Dans cette configuration, aucune place n’est laissée aux ambitions ou rêves personnels qui sortent du cadre. Qu’Alexander souhaite faire carrière dans le football et qu’Ainsley soit une artiste peintre de grand talent n’a aucune importance. SarahBeth en a décidé ainsi et personne n’arrive à la faire flancher. Elle-même prend son rôle très au sérieux, essayant de satisfaire son mari Burt à tout prix et étant prête à tous les sacrifices, jusqu’aux plus extrêmes, pour maintenir son monde en l’état.
On comprend que l’arrivée de la jolie Meg et de son bébé Cory, qui viennent d’emménage dans la ferme voisine, soit vécue comme une menace pour la mère de famille, plus aussi fraiche que par le passé et qui n’est plus en mesure d’enfanter suite à un accident. Meg, elle, ne se sent pas vraiment à l’aise avec cette famille nombreuse aux pratiques d’un autre temps, mais elle va se lier d’amitié avec l’ainée de cette fratrie encombrante, Ainsley. Entre elles, une amitié sincère naitra, bien qu’entrecoupée de silences éloquents.
Parce que la vie à la campagne n’est pas aussi idyllique qu’on voudrait le faire croire. On ressent l’atmosphère délétère, on devine des non-dits et sous-entendus qui se cachent tant dans le passé de Meg que dans celui de la famille Godfrey. Des secrets, des délits et des cadavres qui devraient rester bien cachés dans les placards mais qui refont surface et qui hantent les personnages.
Ce roman donne la parole et repose sur trois femmes : Meg, Ainsley et sa mère SarahBeth. A travers leur prisme individuel, chacune nous livre une partie de l’histoire, essayant d’interpréter les comportements des autres, de mettre des mots sur leurs ressentis et de donner un sens aux comportements étranges qu’elles observent.
Ma voisine est un bon roman qui se construit brique par brique et qui fait durer le suspense jusqu’aux derniers chapitres, nous laissant imaginer les événements horribles qui se sont produits et qui minent les personnages. Un thriller qui prend son temps mais qui s’accélère subitement pendant les dernières pages, dévoilant les comportements déviants de chacun, jusqu’au point de non-retour. Pas un coup de cœur mais une découverte intéressante et une autrice à garder à l’œil à l’avenir.
Remerciement aux Editions Les Escales pour cette lecture.
Ma voisine – LynDee Walker – Editions Les Escales – 2026
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