
Une jolie villa dans le Brabant wallon, l’été à la mer, l’hiver au ski, deux enfants : Aurélie et Arnaud se sont construit une vie qui leur ressemble. Pourtant, un soir d’été, Arnaud prend une arme et assassine les siens avant de se suicider.
Adeline Dieudonné rembobine le film de l’histoire de ce couple, du premier regard à la mise en place d’un quotidien bourgeois. À chaque étape, la mécanique prend forme sous nos yeux, insidieuse, inéluctable.
Avis
Arnaud a tué Aurélie, sa femme, et ses enfants Diego et Lily, avant de se suicider. La première scène met en présence les parents et grands-parents lors du règlement de la succession chez le notaire.
Puis, Adeline Dieudonné fait machine arrière et on voit alors défiler l’histoire de ce couple, de leur rencontre lors d’une course cycliste amateur à cette fin tragique. Un milieu bourgeois à la périphérie de Bruxelles, un chemin tout tracé et sans surprise, une petite vie bien rangée pas follement passionnante et même plutôt monotone.
Mais, évidemment, en connaissant l’épilogue de cette histoire, on lit les moments choisis par l’autrice avec un regard différent, une attention portée sur la relation dans le coupe et le comportement d’Arnaud. Ce qui aurait pu passer inaperçu en d’autres circonstances nous apparait alors évident.
Et ce qui apparaît, ce sont les violences intrafamiliales qui s’installent dès les premiers mois de la relation. Au contact d’Arnaud, Aurélie perd peu à peu son insouciance et sa joie de vivre. Les humiliations et les reproches se multiplient, tandis qu’un rapport de domination s’installe très tôt. La jalousie devient omniprésente, tout comme la surveillance et le contrôle : Arnaud isole Aurélie de ses amis et de sa famille, se montre de plus en plus inquisiteur, surveille ses déplacements et prend progressivement toutes les décisions à sa place. Même la sexualité devient un moyen d’exercer son emprise.
Au fil du récit, la personnalité narcissique et paranoïaque d’Arnaud se dévoile. Mais on détecte aussi la souffrance qui se cache derrière ces comportements, le mal-être et le manque d’estime de soi qui sont à l’origine de cette jalousie maladive, de ce contrôle excessif sur tous les aspects de sa vie.
J’ai aimé le ton direct de ce roman, tout comme la narration fluide et rapide. Et bien que l’on connaisse l’épilogue de ce roman, les dernières scènes sont d’une telle violence que j’en suis sortie chamboulée et marquée. Dommage que le reste du roman reste davantage dans la description que dans l’émotion, avec une écriture qui raconte les événements sans parvenir à nous les faire réellement vivre.
Dans la jungle – Adeline Dieudonné – L’Iconoclaste – 2026
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- Kérozène
- Reste
- Un élan de motivation (avec Arnold Hovart)
Je n’ai pas aimé son premier roman. Je n’ai pas continué à la suivre.
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La vraie vie est le seul que je n’ai pas lu de cette autrice mais, jusqu’à présent, je n’ai pas été super emballée par les autres romans.
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Dommage en effet qu’avec un tel sujet, les émotions ne soient pas au rendez-vous. Mais d’un côté, je me dis que ça peut permettre de se confronter aux agissements d’Arnaud sans se sentir dévasté…
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C’est vrai que c’est une manière de voir les choses, l’emprise d’Arnaud est ici tellement diluée qu’elle préserve le lecteur de scènes trop violentes. Mais comme moi, j’aime bien être bousculée, l’histoire m’a semblé trop fade 😄
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Je suis un peu moins enthousiaste que toi…
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