
Lors d’une soirée à l’Ambassade de France à Reykjavík, une journaliste s’effondre devant les invités. Officiellement, on parle d’une allergie mortelle. Vera, femme politique islandaise en vue, s’interroge. Qui était cette Camille qui s’est présentée à elle comme une « vieille amie » de l’ambassadeur ? Sa mort tragique aurait-elle un rapport avec une histoire survenue à Lyon vingt ans plus tôt ?
Avis
Ce roman est le résultat d’un projet initié par le festival Quais du Polar de Lyon, avec la collaboration des Editions Points. L’idée est d’inviter des auteurs de pays différents à écrire un roman à quatre mains. Concrètement, Eva Björg Aegisdottir et Jérôme Loubry écrivaient alternativement un chapitre, chacun incarnant des personnages différents dans le livre. Un exercice pas facile mais qui n’est pas forcément rare en littérature (Giacometti & Ravenne, Preston & Child…).
Exil(s) islandais nous emmène donc à Reykjavik, aux côtés de Vera et de son mari Andri. Tombés amoureux l’un de l’autre lors d’un voyage linguistique à Lyon, ils se construisent maintenant une carrière politique dans la capitale islandaise, avec leur fille Léa.
Lors d’une réception à l’ambassade française, une journaliste meurt soudainement après avoir informé Vera qu’elle allait révéler dans la presse une affaire la concernant, qui se serait déroulée lors de son séjour à Lyon. A trois mois des élections qui pourraient propulser Vera au rang de maire de Reykjavik, le décès de la journaliste et l’enquête de l’inspecteur lyonnais envoyé sur place arrivent au pire moment. D’autant que des révélations sur un passé pas très glorieux risquent aussi de mettre fin à la carrière de l’ambassadeur Pascal Brunoit, grand ami du couple.
Dans ce roman, les chapitres alternent entre l’enquête en cours à Reykjavik et le passé étudiant des protagonistes à Lyon. Malheureusement, le partage culturel qui était à la base de cette collaboration originale est assez restreint puisque l’on n’apprend rien sur la ville de Lyon et si peu de choses sur l’Islande. Pour ma part, rien que le fait de lire ce roman m’a donné envie de retourner à Reykjavik et de retrouver le fameux Pylsuvagninn, le stand de hot-dog le plus connu de la capitale!
Mis à part cette petite touche de dépaysement, je dois avouer que cette lecture ne m’a pas vraiment emballée. J’ai eu l’impression de voir le récit avancer par étapes successives, comme un assemblage de pièces qui finit par révéler son motif. La progression est linéaire, sans véritable suspense ni surprise, et l’on devine assez rapidement où l’histoire nous mène.
J’ai aussi eu le sentiment que les écritures des deux auteurs avaient été lissées. Je comprends la volonté de rendre l’ensemble cohérent et fluide, mais cette uniformisation gomme ce qui aurait pu faire tout l’intérêt d’un roman écrit à quatre mains : la rencontre de deux sensibilités et de deux voix distinctes.
Par ailleurs, la psychologie des personnages est peu explorée. Les auteurs vont à l’essentiel et ne livrent que les informations nécessaires à la compréhension de l’intrigue. Aucune scène n’est superflue, le récit est efficace mais il m’a semblé que les personnages manquaient d’épaisseur, ce qui complique aussi l’attachement que l’on peut avoir pour eux.
Un court roman écrit par deux pointures du thriller mais une expérience originale qui ne m’a cependant pas convaincue. De mon côté, je continuerai de lire Eva Björg Aegisdottir et Jérôme Loubry séparément et ce sera très bien.
Exil(s) islandais – Eva Björg Aegisdottir & Jérôme Loubry – Editions Points – 2026
D’Eva Björg Aegisdottir
Série Inspectrice Elma
- Elma
- Les filles qui mentent
- Les garçons qui brûlent
- Les enfants qui blessent
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