Claustrations – Salvatore Minni

Note : 3 sur 5.

Ils ne se connaissent pas et pourtant, ils portent le même tatouage sur le bras…
Clara, que son amie Françoise recherche depuis plusieurs semaines, se réveille un matin étendue sur le sol d’une cellule obscure et infestée d’insectes ; M. Concerto tente de découvrir les raisons qui l’ont conduit dans une chambre d’isolement, tandis que Charles se cloître de son plein gré.
Chacun d’entre eux se retrouvera face à son destin. Mais, dans leur quête de la vérité, ils se rendront très vite compte que les apparences ne sont pas celles qu’ils croyaient…

Avis

Avec Claustrations, Salvatore Minni propose un premier roman ambitieux, étrange et déroutant. On y suit plusieurs personnages dont on ne comprend pas d’emblée le lien : Charles, 65 ans, et son épouse Rose, qui vivent reclus dans la cave de leur maison ; Clara, médecin, enlevée et enfermée dans une cellule infestée de cafards et de puces ; et M. Concerto, en isolement dans un hôpital psychiatrique, en proie à la schizophrénie.

L’auteur distille les informations au compte-gouttes et multiplie les cachoteries. Les chapitres très courts, chacun du point de vue d’un protagoniste différent, entretiennent ce flou volontaire. On lit, on avance dans le roman, mais sans vraiment comprendre ce qui relie ces personnages. Et il faut attendre la toute fin du roman pour que tout s’éclaire, dans une révélation finale que peu de détails laissaient supposer.

Un élément surprenant ponctue le roman : une speakerine de télévision annonce des programmes tv, dont une télé-réalité intitulée Prison ou liberté. On devine assez vite que cette émission est liée à l’un des personnages, sans vraiment savoir comment. Et puis, au milieu de tout cela, une situation totalement ubuesque : le Président a décidé de réduire les dépenses liées au vieillissement de la population en capturant et éliminant les plus de 65 ans. Ce qui explique le refuge souterrain de Charles et Rose et donne au roman une dimension dystopique inattendue.

Malheureusement, malgré un concept fort et des idées originales, j’ai trouvé le roman trop long. On tourne en rond dans certains chapitres, qui racontent plus ou moins les mêmes scènes ou les mêmes états d’esprit. L’intrigue avance peu et j’ai plus d’une fois eu l’impression de lire “dans le vide” en espérant que les éléments finissent par se connecter. Alors que j’avais adoré Désobéissance, le troisième roman de Salvatore Minni, j’avoue que je m’attendais à un rythme plus soutenu pour Claustrations.

Autre bémol qui relève d’une erreur de débutant : on sent un travail important sur le style pour éviter les répétitions par exemple, avec parfois des mots rares ou des tournures qui manquent de naturel. Du coup, le texte perd en fluidité et s’éloigne du langage courant, ce qui casse un peu l’immersion dans le roman. Quelques incongruités s’ajoutent encore à cette impression d’un récit à la fois ambitieux, tordu, mais pas toujours pleinement maîtrisé.

Claustrations est un premier roman intéressant, avec des personnages bien campés. Mais pour moi, l’ensemble manque de rythme et d’équilibre et la construction volontairement opaque finit par rendre la lecture plus laborieuse qu’intrigante.


Claustrations – Salvatore Minni – Editions IFS – 2019

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5 commentaires sur “Claustrations – Salvatore Minni

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  1. J’en ai lu un de cet auteur (je ne sais plus le titre), mais ça ne m’a pas donné envie de continuer…

    Je vois que tu n’as mis que 3 étoiles pour celui-ci…

    Aimé par 1 personne

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