Le bâtiment – Mehdi Bayad

Note : 2 sur 5.

Un soir, un homme quitte Bruxelles et débarque sur une île au large des côtes belges. Il veut s’isoler pour prendre du recul après une violente dispute dans son couple.
Mais le séjour vire à la paranoïa : on l’espionne chez lui, des corps sont retrouvés sur la plage et d’étranges silhouettes vêtues de jaune rôdent sur l’île. Les insulaires, quant à eux, se taisent dès qu’on évoque le Bâtiment, un centre qui accueillerait des individus « en marge de la société »…
Psychose collective ou complot ? Pour comprendre ce qui se joue sur l’île, l’homme devra cesser de fuir et affronter les véritables raisons qui l’ont conduit jusqu’ici.

Avis

Tout commence lorsque le narrateur s’installe dans un Aibnb sur une ile aux larges de la Belgique. Il espère pouvoir s’y ressourcer, loin de l’agitation du monde, suite à une violente dispute avec son compagnon.

Sauf que l’ile est loin d’être inhabitée. On notera la présence de quelques villageois plutôt taiseux mais, surtout, d’un bâtiment, le « bunker », abritant des personnes aux comportements étranges et habillées aux couleurs de la Belgique (noir-jaune-rouge selon leur grade). Laissant là sa retraite solitaire, il se retrouve à mener l’enquête sur ce camp de vacances très particulier et même à tenter une infiltration. Mais notre ami est du genre empoté et pas vraiment discret.

L’originalité du roman tient dans sa forme, puisque le narrateur nous partage les messages vocaux qu’il enregistre, comme un journal de bord, qu’il adresse à son compagnon resté à Bruxelles. Comme une réinterprétation du roman épistolaire mais qui, en réalité, n’a rien de nouveau puisque le même procédé avait déjà été utilisé lorsque les SMS et les mails se sont développés (oui, je suis de cette génération qui a connu les SMS de 140 caractères).

Cette conversation à sens unique permet cependant au narrateur de prendre du recul sur sa propre vie. Ce voyage l’incite à la réflexion sur son parcours, sa vie et sur la relation qu’il entretient avec ce petit ami qui le manipule. Mais il part aussi parfois dans des délires invraisemblables, complètement déconnectés de la réalité, qui sont perturbants. Avec Le bâtiment, on va de surprises en surprises, on nage dans l’absurde et je me suis demandée plus d’une fois où tout cela allait nous mener.

J’ai été particulièrement dérangée par le fait que ni les protagonistes ni même du narrateur ne sont nommés. Mais comme, dans un roman, il faut bien identifier les personnages, l’auteur a choisi une entourloupe qui consiste à leur donner des surnoms (Le Bègue, Le Grand Blond…). Evidemment, la raison de ce choix est expliquée en fin de roman mais, selon moi, cette façon de tourner autour du pot de façon grossière attire l’attention. Personnellement, j’ai parcouru ce roman avec une lecture plus analytique que d’habitude et j’ai identifié tous les éléments cachés et points de bascule bien avant qu’ils n’apparaissent.

Ce huis clos sur une ile manque de crédibilité et emprunte maladroitement trop d’éléments à d’autres romans facilement identifiables, dont un certain chef d’œuvre de la littérature que je vous laisse découvrir par vous-même. Le bâtiment est un roman d’à peine plus de 200 pages mais qui a été une déception pour moi.


Le bâtiment – Mehdi Bayad – Editions du Masque – 2026

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