La nuit de Peter Pan – Piero Degli Antoni

Note : 4 sur 5.

Sur la côte ligure, au nord de l’Italie, la villa, construite à flanc de falaise, n’est accessible que par un long et lugubre tunnel ferroviaire désaffecté.
Y vivent seuls Leonardo, un garçon débordant d’imagination, mais introverti, rêveur et craintif, et son père David, un auteur compositeur interprète ayant connu la gloire vingt ans plus tôt.
Un soir, Leonardo, en descendant au salon, fait une terrible découverte : son père ligoté aux pieds d’un homme gigantesque, un « ogre » tout juste évadé de la prison située sur une île en face de la maison.
Qui est cet homme brutal et pervers, qui joue divinement bien du piano ? Qui semble connaître le moindre détail de la vie de Leonardo mais torture psychologiquement son père et menace de le tuer ?
Débute pour le garçon de dix ans, la nuit la plus longue de son existence, un huis-clos où l’angoisse va crescendo. Seule certitude, à l’aube plus rien ne sera comme avant…

Avis

Il y a des livres qui commencent dans la douceur du quotidien et qui, en l’espace d’une page, basculent dans la nuit. La nuit de Peter Pan fait partie de ceux-là.

Leonardo, dix ans, vit seul avec son père dans une maison accrochée à la falaise, face à un lac. Une vie tranquille. Mais ce soir-là, à peine sorti du bain, prêt à s’atteler à ses devoirs, l’enfant découvre son père ligoté dans le salon. Un inconnu est là. C’est un prisonnier évadé de la prison de l’autre rive. Il s’appelle Roberto. Que veut-il ? Pourquoi cette maison ?

Commence alors une nuit d’attente, de peur et de révélations. L’action se déroule heure par heure, dans une tension constante. Cette histoire, Piero Degli Antoni nous la fait voir à travers le regard de l’enfant : Leonardo, pas très déluré d’ordinaire, se persuade qu’il doit sauver son père. Dans sa tête, il convoque tout un univers magique (celui de Peter Pan, du capitaine Crochet et de la fée Clochette) pour affronter la réalité.

Pourtant, le fugitif n’est pas le monstre qu’on imagine. Il profère des menaces qu’il ne met pas à exécution, s’inquiète pour Leonardo, attendri par ce petit garçon courageux. Leonardo, lui, est perdu et ne sait quel comportement adopter, entre cet homme qui lui fait peur et son père autoritaire, parfois cruel, qui ne cesse de l’humilier pour ses difficultés à lire et à écrire.

La première partie se lit dans un souffle, dans une atmosphère électrique et un rythme haletant. Puis vient une rupture : le retour plusieurs années en arrière et la plongée dans le passé des protagonistes, dont on découvre alors les liens insoupçonnés. Les confidences remplacent la tension et le tempo ralentit brusquement. Personnellement, je ne m’attendais pas à un changement de rythme aussi violent.

Finalement, en une seule nuit, Leonardo découvre que sa courte vie repose sur des secrets et des mensonges. Il perd ses illusions, mais gagne en lucidité, comme un Peter Pan qu’on aurait forcé à grandir.

C’est la première fois que je lis Piero Degli Antoni et je sors de cette lecture agréablement étonnée. L’auteur mêle habilement thriller psychologique et conte moderne à travers la confrontation entre l’imaginaire enfantin, peuplé de fées et de héros, et le monde impitoyable des adultes, rongé par la possession et la jalousie.

Un très bon roman, même si j’avais deviné une partie du mystère.


La nuit de Peter Pan – Piero Degli Antoni – L’Archipel – 2016

2 commentaires sur “La nuit de Peter Pan – Piero Degli Antoni

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