
Anthony Horowitz n’a pas une minute à lui. Entre l’écriture d’une série TV consacrée à Hercule Poirot et celle d’un roman dont le héros est Sherlock Holmes, son emploi du temps est plein à craquer. Et plus encore quand Steven Spielberg en personne lui commande un scénario pour la suite des aventures de Tintin.
Aussi, quand Daniel Hawthorne, un ex-flic devenu détective, l’appelle pour lui proposer d’écrire un livre à quatre mains sur une enquête en cours, notre écrivain est réticent. D’autant plus que si le bonhomme est extrêmement brillant, il n’est pas facile à vivre.
Mais lorsque Horowitz découvre les détails de l’affaire, il accepte immédiatement de s’y consacrer. Et on le comprend : une femme âgée est allée dans une entreprise de pompes funèbres pour planifier ses propres funérailles. Six heures plus tard, on l’a retrouvée morte chez elle, assassinée. Savait-elle ce qui l’attendait ?
Avis
Diana Cowper, la soixantaine, souhaite prendre ses dispositions pour ses propres obsèques et se rend dans un funérarium. Elle a déjà pensé à tout : les poèmes qui seront lus, la musique, le type de cercueil et jusqu’au timing de la cérémonie. On peut dire que c’était plutôt une bonne idée puisqu’elle est morte assassinée 6h plus tard.
La police de Londres patauge et confie l’enquête à Daniel Hawthorne, ex-inspecteur devenu consultant. Il a des qualités indéniables d’observation et de précision mais, humainement, c’est un vrai rustre! Buté, il assène des vérités sans aucune explication, nous laissant dans l’ignorance du cheminement de pensées qui a été le sien, ouvertement homophone… Bref, parfaitement détestable.
Quand Hawthorne demande à Anthony Horowitz d’écrire un livre sur lui, ce dernier refuse tout d’abord. Puis, intrigué par cette enquête, il accepte de le suivre à la trace, participant aux interrogatoires et lisant les rapports de police pour alimenter son livre.
En réalité, le narrateur de cette histoire est Anthony Horowitz lui-même, le vrai, l’auteur de la série jeunesse Alex Rider et scénariste pour des séries et des films bien connus. Il nous raconte les fausses pistes suivies, les indices trouvés, son ressenti face aux protagonistes, les liens qu’il tente d’établir de son côté… Dans un jeu entre réalité et fiction, il nous propose un roman dans le roman en utilisant ce procédé original et en s’adressant directement au lecteur.
Malheureusement, au fil du roman, ce choix narratif m’est apparu comme trop artificiel, n’apportant rien au récit. Pire, on se perd dans un grand nombre de détails qui s’avèrent non pertinents, ce qui rend le roman lent et long.
Et si le personnage d’Hawthorne a gagné en humanité au fil des pages (on découvre même qu’il fait partie d’un club de lecture – tout de suite, je l’apprécie un peu plus!), j’ai vraiment été déçue par ce roman dont j’attendais peut-être trop. Sans parler de la résolution de l’enquête à la manière d’Hercule Poirot, ce qui m’énerve au plus haut point.
Mauvaise pioche pour cette fois mais, apparemment, M comme meurtre ? est le premier tome d’une série consacrée à nos deux comparses. Je lirai peut-être le second s’il passe entre mes mains, histoire de ne pas rester sur une mauvaise impression.
M comme meurtre ? – Anthony Horowitz – Sonatine Editions – 2026
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