
Le commissaire Habib, assisté de son adjoint Sosso et de Guillaume, un agent du Renseignement français, est chargé d’enquêter sur le meurtre d’un jeune Touareg non loin de Tombouctou. Tandis que la famille accuse un clan rival et que notables et autorités locales tentent de l’écarter, Habib parcourt la ville et, tout en découvrant ses étranges coutumes, se fraye un chemin vers la vérité.
Avis
Après le Japon, mon tour du monde littéraire m’emmène au Mali aux cotés du Commissaire Habib dépêché à Tombouctou pour résoudre une affaire de meurtre. Et c’est l’occasion de découvrir la littérature africaine, que je ne connais absolument pas.
Meurtre à Tombouctou est le 5e tome d’une série consacrée au commissaire mais ce roman peut tout à fait se lire indépendamment des autres. A aucun moment je ne me suis sentie perdue puisque les références aux enquêtes précédentes sont peu nombreuses et que les principaux protagonistes sont resitués.
Face à la mort violente d’un Touareg et à la tentative d’assassinat d’un ressortissant français, la police de Tombouctou s’est rapidement sentie dépassée. On y envoie donc le Commissaire Habib, chef de la Brigade Criminelle de Bamako et son adjoint l’inspecteur Sosso. Craignant un acte terroriste contre les intérêts français, l’ambassade envoie aussi Guillaume Deloncle, un jeune policier spécialiste de l’antiterrorisme.
Dès les premières pages, le dépaysement est total. Un autre monde s’ouvre à nous, on découvre la ville de Tombouctou, vivante, bruyante, où toutes les cultures se côtoient entre modernité et histoire séculaire. On sent que l’auteur est un amoureux de son pays tant il nous décrit les merveilles du Mali : le levé de soleil sur le Lac Debo, le désert, les couleurs chatoyantes des vêtements…
C’est aussi l’occasion de s’immerger dans la culture touareg dans laquelle les femmes occupent une place centrale, tout comme la famille. Un mode de vie itinérant dont Moussa Konaté nous montre aussi l’évolution puisque les jeunes se détournent peu à peu des traditions ancestrales pour gagner la ville et ses mirages (l’argent facile, la drogue…). Cette lecture a donc parfaitement sa place dans mon challenge Voyager à travers les livres puisqu’elle me permet de découvrir une culture et un continent que je connais peu mais que j’ai appris à apprécier à travers mes lectures.
Le dépaysement passe aussi par les tournures de phrases originales, un humour particulier, l’orthographe des mots (« ticheurte« ) ou les expressions « Fatma était la ceinture de son pantalon » pour exprimer le fait qu’elle soutient son mari et lui permet de tenir face aux difficultés rencontrées.
La manière d’enquêter est aussi bien différente de chez nous et suit une logique propre. A Tombouctou, on est loin de l’effervescence française ou américaine. Ici, on prend son temps avant d’aller interroger un témoin, par respect pour le temps du deuil et les coutumes du lieu ou bien parce qu’on a envie d’aller manger un couscous local. Chacun ses priorités. Cet aspect nonchalant m’a fait penser au Commissaire Brunetti, personnage clé des romans de Donna Leon, qui lui aussi fait les choses à son rythme. Et puis, là-bas, Habib est confronté à des pratiques étonnantes puisque les notables de la ville et même le gouverneur lui demandent de confier la résolution du meurtre à un marabout-devin, persuadés qu’il trouvera le meurtrier d’Ibrahim en deux jours et que l’affaire serait bouclée plus vite.
Je dois bien avouer que ce rythme ne me convient pas du tout. Cette lenteur, les longues descriptions, une enquête peu intéressante et challengeante ont eu raison de moi. Malheureusement, je suis déçue par ce roman, pourtant court (175 pages).
Finalement, j’ai l’impression que l’enquête n’est qu’un prétexte pour nous immerger dans la culture africaine, nous faire découvrir la majestueuse ville de Tombouctou, le métissage qui s’y opère et le mode de vie touareg. C’est sympa mais j’attendais plus de ce roman policier.
Et vous, quels auteurs africains avez-vous déjà lus et appréciés?
Meurtre à Tombouctou – Moussa Konaté – Editions Métailié – 2014
Je ne connais absolument pas la littérature africaine et je ne pense pas que je vais la découvrir avec ce roman…
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Je suppose qu’il y a d’autres auteurs plus percutants.
Par contre, si tu es intéressé par des romans qui se déroulent en Afrique, j’avais lu Okavango de Caryl Férey et j’avais adoré!
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Caryl Férey fait aussi partie des auteurs que je voudrais découvrir…
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Je connais très peu la littérature africaine. Dommage qu’au-delà du dépaysement, ce roman ne t’ait pas vraiment passionnée…
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C’est pas toujours simple les romans assez lent. Je me souviens d’un roman italien aussi avec une enquête dans les montagnes et cette nonchalance m’avait aussi perdue. Mais avec l’âge, je suis capable de mieux apprécier ! Je note quand même, j’ai une amie qui pourrait aimer !
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Moi, je n’arrive pas à m’assagir avec l’âge, j’ai toujours besoin qu’il y ait de la tension :D
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Je dois avoir de l’avance sur toi sur le chemin de la sagesse 😂
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🤣
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