Ca aurait pu être le paradis – Camilla Grebe & Asa Träff

Note : 2.5 sur 5.

Psychologue en thérapie cognitive spécialisée dans les violences faites aux femmes, Siri, qui a elle-même subi un trauma dans son passé, est entièrement dévouée à son travail. Elle vit seule, sur un archipel isolé près de Stockholm, dans ce qui devait être, avant la disparition brutale de son mari un an plus tôt, la maison de leurs rêves. Lorsque le corps sans vie de Sara, l’une de ses patientes, est découvert sur la plage à côté de chez elle, et que la police trouve une lettre de suicide la mettant en cause, le monde de Siri s’effondre. S’agit-il d’un suicide ou d’un meurtre ? Et si quelqu’un essayait de lui nuire ? Elle commence d’ailleurs à se sentir épiée. Avec l’aide de Markus, le jeune et séduisant policier en charge de l’enquête, de Vijay, un vieil ami et professeur de psychologie, et d’Aina sa meilleure amie, elle entreprend de comprendre ce qu’il s’est passé.

Avis

Ca aurait pu être le paradis est le premier tome d’une série consacrée à la psychothérapeute Siri Bergman et dont la particularité est d’avoir été écrit à quatre mains. En effet, Camilla Grebe s’est associée à sa sœur Åsa Träff, elle même psychologue, pour créer cette héroïne.

L’ensemble du roman tourne autour de ce personnage, qui est aussi la narratrice. Siri a 34 ans, elle est veuve depuis un an, depuis le décès de son mari Stefan dans un accident de plongée. Elle raconte sa vie dans une maison isolée proche de la plage, évoque longuement ses patients à travers les consultations qu’elle réalise et décrit son impression d’être observée, suivie. Une enquête démarre suite à la découverte d’une de ses patientes morte sur la plage près de son habitation, décès dans lequel elle est bien évidemment impliquée.

Très rapidement, j’ai constaté que je n’accrochais pas avec le personnage de Siri Bergman. Moi-même psy, on aurait pu croire que j’allais m’identifier à elle alors que son comportement et son instabilité émotionnelle n’ont fait que m’exaspérer. Alors qu’elle aide chaque jour ses patients à vaincre leurs angoisses, elle est incapable d’appliquer ses conseils à sa propre situation. Peur panique du noir, angoisses liées à la mort, manque de recul vis-à-vis de ses patients, incapacité à faire son deuil, Siri souffre d’un mal-être généralisé qu’elle anesthésie à coups de bouteilles de vin. Sans jamais remettre en question son alcoolisme ni tenter de se faire aider pour sortir de ce cercle infernal. On dit toujours que les cordonniers sont les plus mal chaussés mais là, on pousse l’expression au plus loin.

On sent bien que la personne qui l’observe lui veut du mal, s’approchant toujours plus près de son cercle intime, l’incitant à soupçonner ses patients et jusqu’à son entourage professionnel. Pourtant, à aucun moment je n’ai ressenti la peur et l’inquiétude de Siri. Les autrices essaient de diriger les soupçons sur certains personnages précis mais c’est tellement gros qu’on n’y croit pas. Et quand on découvre enfin qui en veut à la psychothérapeute, on se dit « bon ok, tout ça pour ça ».

Ca aurait pu être le paradis, en effet. Mais je suis passée totalement à côté de ce roman en raison de la lenteur du récit, du manque d’originalité et de consistance, des incohérences finales et des flashbacks inutiles. Je ne doute pas qu’écrire avec sa sœurette doit être amusant mais cette histoire est trop cousue de fil blanc pour que je la poursuive. Je vais en rester là pour ma part, malgré les quatre tomes que compte actuellement la série.

Qui a lu ce roman? Avez-vous apprécié?


Ca aurait pu être le paradis – Camilla Grebe & Asa Träff – Livre de poche – 2024

De Camilla Grebe

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