Le testament du diable – Armel Job

Note : 3 sur 5.

Le 14 août 1990, François Lebel s’effondre en pleine séance de rameur. Directeur respecté du journal local, veuf, père de quatre enfants, il laisse derrière lui l’image d’un homme droit, parfois dur, mais aimé, ainsi qu’un héritage familial apparemment sans accroc. Jusqu’à ce que surgisse Fanny, sa jeune compagne, persuadée que le restaurant qu’elle dirigeait grâce à lui, devait lui revenir.
Rassurés de ne trouver aucun testament, les quatre enfants Lebel pensent l’affaire close. Mais un document refait surface. Et avec lui, les rancunes, les secrets et les blessures d’une vie.

Avis

Lorsque François Lebel, directeur de la Gazette des Ardennes, meurt brutalement, la nouvelle fait rapidement le tour des habitants. Mais derrière l’émotion de circonstance se cache une réalité bien moins reluisante.

Veuf depuis plusieurs années, François partageait sa vie avec Fanny, une jeune femme qui a l’âge d’être sa fille. Une relation que ses quatre enfants, William, John, Marie-France et Chantal, n’ont jamais acceptée. Et lorsque vient le moment de régler la succession, les tensions longtemps contenues éclatent au grand jour.

Au départ, aucun testament n’a été retrouvé. Les héritiers doivent donc s’entendre sur le partage des biens : la maison familiale, bien sûr, mais aussi le restaurant acheté par leur père et géré par Fanny. Puis un testament apparaît, qui sera aussitôt détruit. Un geste qui va entraîner une succession de mensonges, de manipulations et de décisions dont les conséquences ne tarderont pas à se faire sentir.

Ce que j’ai trouvé le plus intéressant dans ce roman, ce n’est pas tant la question de l’héritage que tout ce qu’il révèle des personnages. Armel Job dissèque avec beaucoup de justesse les blessures familiales, les rancœurs accumulées au fil des années et ce besoin presque désespéré d’être reconnu par ceux que l’on aime.

William est sans doute celui qui m’a le plus marquée. Derrière sa colère et son obstination se cache un homme qui a passé sa vie à chercher l’approbation de son père. François était exigeant, peu démonstratif, pensant forger le caractère de son fils en le mettant constamment à l’épreuve. Une méthode éducative « à l’ancienne » qui a surtout laissé des blessures profondes. Plus qu’un héritage, William réclame finalement quelque chose qu’il n’a jamais obtenu : la reconnaissance.

À travers cette succession, chacun règle ses comptes avec le passé. Les frustrations remontent à la surface, les égos s’entrechoquent et les apparences s’effondrent. À peine le père disparu, la fratrie se déchire avec une étonnante froideur.

Le roman aborde également en arrière-plan les mentalités héritées de l’époque coloniale et le regard porté sur les domestiques africains. Un aspect qui apporte de la profondeur au récit et au personnage de François.

Pourtant, malgré toutes ces qualités, cette lecture m’a laissée un peu à distance. J’ai apprécié l’analyse psychologique, la façon dont l’auteur explore les failles humaines et dévoile progressivement le véritable visage de ses personnages. Mais je ne me suis jamais vraiment sentie emportée par l’histoire, restant à distance de leurs préoccupations.

Même si Le Testament du diable ne rejoindra pas mes coups de cœur, j’ai retrouvé ce qui fait la force de l’auteur : sa capacité à observer les êtres humains sans les juger et à mettre en lumière les failles qui se cachent derrière les apparences. Une lecture qui m’a davantage intéressée pour son analyse des relations familiales que pour son intrigue elle-même.

Et vous, connaissez-vous Armel Job ? Avez-vous déjà lu l’un de ses romans ? Si oui, lequel me conseilleriez-vous pour poursuivre ma découverte de cet auteur belge ?


Le testament du diable – Armel Job – Editions Robert Laffont – 2026

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5 commentaires sur “Le testament du diable – Armel Job

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  1. J’ai lu pas mal de bouquins d’Armel Job. Pas encore celui-ci, mais ça viendra.

    3 étoiles, ce n’est quand même pas beaucoup !

    Mes préférés : « Loin des mosquées », « Dans la gueule de la bête », « De regrettables incidents » et « Tu ne jugeras point ».

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